Alors que l’administration actuelle procède à un nettoyage des archives publiques américaines, des experts, soutenus par des volontaires, s’engagent à préserver des milliers de pages web et des sites gouvernementaux cruciaux. Ces travaux portent notamment sur des thématiques essentielles telles que le changement climatique, la santé ou les droits des LGBTQ. Face à la suppression et à la modification de données significatives dans ces domaines, des initiatives d’archivage se déploient pour garantir la pérennité de ces ressources face aux nouvelles restrictions imposées.
Alors que l’administration de Donald Trump effectue une purge des archives publiques, un groupe d’experts et de bénévoles se mobilise pour préserver des milliers de pages web et de sites gouvernementaux consacrés à des thématiques essentielles comme le changement climatique, la santé ou les droits LGBTQ. Cette initiative vise à protéger des données et ressources vitales face à des modifications ou suppressions massives.
Des suppressions inquiétantes de données
Depuis le début de l’année, divers domaines de données, y compris des ressources sur la prévention et le soin du SIDA, des enregistrements climatiques, ainsi que des références aux minorités ethniques et de genre, ont été soit modifiés soit complètement effacés. Plus de 3 000 pages du site des Centers for Disease Control and Prevention et plus de 1 000 pages du site du département de la Justice ont été supprimées, comme l’a signalé Paul Schroeder, président du Council of Professional Associations on Federal Statistics.
Des sites disparus
Certaines plateformes ont complètement disparu, notamment celle de l’agence de développement américain USAID, alors que le soutien financier de l’État pour les pays pauvres se réduit considérablement. La page du National Children’s Health Survey affiche un message d’erreur « 404 », témoignant de la disparition de ces données cruciales.
La mise sous silence des termes sensibles
Il a été rapporté que les agences fédérales doivent désormais éviter des termes sensibles tels que « femme », « handicap », « racisme », « crise climatique » et « pollution » dans leurs communications. Cette restriction linguistique vise à éradiquer toute mention d’initiatives liées à la justice environnementale des sites gouvernementaux.
Un changement rapide et étendu
Les actions entreprises par cette administration se sont révélées plus rapides et plus vastes que celles de la précédente administration Trump. Eric Nost, géographe à l’Université de Guelph au Canada et membre de l’Environmental Data and Governance Initiative (EDGI), souligne l’importance de cette préservation des données dans un contexte où la transparence des informations est compromise.
Les efforts des archivistes
Face à ces menaces, les initiatives d’archivage se sont multipliées. EDGI, un consortium d’académiques et de bénévoles, a vu le jour pour protéger les données publiques liées au climat et à l’environnement depuis l’élection de Trump en 2016. Des outils comme la WayBack Machine de l’Internet Archive et Perma.cc, développés par le Library Innovation Lab de Harvard, permettent de conserver des pages web même si celles-ci disparaissent ou sont modifiées par la suite.
L’engagement des bénévoles
Des projets tels que le Data Rescue Project (DRP) unissent plusieurs organisations pour sauver le maximum de données. Lynda Kellam, bibliothécaire universitaire et organisatrice du DRP, a initialement lancé le projet sous la forme d’un document Google en février, recensant les fichiers PDF téléchargés ainsi que les liens archivés. Ce travail est désormais maintenu par des bénévoles qui consacrent leur temps libre à cette tâche, un défi supplémentaire en raison de l’absence de ressources financières.
Les défis rencontrés
La collecte de données, largement menée par des associations et des bibliothèques universitaires, fait face à des difficultés majeures, notamment le manque de financements. Jack Cushman, directeur du Library Innovation Lab, évoque ainsi la nécessité de financement pour coordonner les efforts de préservation, développer de nouveaux outils et trouver de nouveaux lieux de stockage pour les données.
Impact sur les institutions académiques
La prestigieuse université Harvard, en plus de s’attaquer aux restrictions imposées par l’administration Trump, a vu sa dotation fédérale réduite et fait face à des menaces concernant son statut d’exonération fiscale en raison de son refus de se conformer à certaines demandes de l’administration. Cushman affirme que « les données sont le phare moderne, nous aidant à planifier nos vies » et que tout manquement à la collecte et au partage d’informations fiables sur des sujets variés comme la météo, la santé ou la justice pourrait avoir des conséquences graves pour les entreprises, les individus et les gouvernements.
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