Lors du dernier salon professionnel à Hanovre, l’industrie allemande s’est retrouvée à l’épreuve de l’intelligence artificielle, un enjeu crucial pour son avenir. Tandis que des entreprises de toutes tailles exposaient leurs innovations, la question de l’intégration d’AI dans leurs processus industriels se posait avec acuité. Les entreprises, confrontées à des inquiétudes sur les coûts et les bénéfices, envisageaient de nouvelles opportunités tout en craignant de rester à la traîne face à la concurrence internationale. Cette manifestation a permis d’explorer les applications concrètes de l’AI dans divers secteurs, tout en soulignant les défis qui demeurent pour le Mittelstand, le pilier économique du pays.
Lors du dernier salon professionnel à Hanovre, l’industrie allemande a eu l’occasion d’explorer les implications de l’intelligence artificielle (IA) sur ses activités. Plus de 4,000 entreprises étaient présentes, parmi lesquelles de nombreuses PME, vraies piliers de l’économie allemande. Si certaines s’intéressent à l’IA et à ses bienfaits, d’autres restent sceptiques, ne voyant pas forcément comment intégrer ces nouvelles technologies dans leur production. Cet événement a mis en lumière les défis et les opportunités qui se présentent à l’industrie allemande à l’ère de la révolution technologique.
Une rencontre entre tradition et innovation
Le salon professionnel a attiré de nombreux visiteurs fascinés par des démonstrations technologiques, y compris une impressionnante maquette d’un moteur d’avion Rolls-Royce, dont la production a été optimisée par les solutions d’IA proposées par Microsoft et Siemens. Dans ce cadre, la notion de « vivre le futur » a été mise en avant, avec un accent particulier sur les applications pratiques de l’IA dans des domaines variés tels que la production, la robotique et l’énergie.
Les PME face à l’IA
Les petites et moyennes entreprises, souvent plus hésitantes à embrasser ces nouvelles technologies, ont exprimé leurs préoccupations. Andrea Raaf de Herz Aetztechnik, par exemple, a déclaré que pour son entreprise spécialisée dans les pièces autocollantes, l’IA n’était pas encore pertinente. « Les pièces que nous fabriquons sont très individualisées, il est donc difficile de voir l’intérêt de l’IA », a-t-elle affirmé.
L’engagement des entreprises familiales
Toutefois, d’autres entreprises ont pris les devants. Koerner Electric, gérée par une famille, a, quant à elle, intégré l’IA dans ses processus de fabrication depuis trois ans. Le directeur technique de l’entreprise, Dennis Koerner, a expliqué comment l’IA a aidé à accélérer le processus de fabrication et à analyser les mesures optiques et électriques. « Nous avons créé une petite IA qui nous permet de générer des programmes beaucoup plus rapidement », a-t-il précisé, soulignant l’importance de la rapidité et de la stabilité pour rester compétitif.
Le retard de l’industrie allemande
Malgré les avancées réalisées par certaines entreprises, l’industrie allemande est consciente qu’elle accuse un retard par rapport à ses concurrents américains et chinois en matière de technologies numériques. Beaucoup d’entreprises ne savent pas comment incorporer les technologies d’IA dans les domaines d’ingénierie de haute qualité qui les caractérisent. Agnes Heftberger, directrice générale de Microsoft Allemagne, a mis en garde : « Il est important de ne pas craindre l’intégration de l’IA, sinon l’Allemagne risque de rétrograder face à la concurrence internationale ».
Les préoccupations des industriels
Au-delà des questions d’adoption, des préoccupations subsistent. Les systèmes dits « agents IA » se sont révélés être d’un grand intérêt, car ils exécutent des tâches de manière autonome, comme la programmation ou l’assistance aux conversations. Néanmoins, des professionnels comme Loke Olsen, ingénieur chez Confirm A/S, sont sceptiques quant à leur fiabilité dans des secteurs réglementés. « Nous devons être sûrs que l’IA fonctionne à 100 % car nous devons respecter des normes de santé strictes », a-t-il déclaré.
Les freins à l’investissement et à l’adoption
Le coût des produits basés sur l’IA est également un frein constaté. Pour certains fabricants, il semble que « nous pouvons difficilement nous permettre » d’investir dans certaines des innovations présentées. Une étude menée par l’association des machinistes VDMA souligne que, bien que 52 % des directeurs d’entreprises perçoivent l’IA comme un potentiel « game changer », son utilisation reste limitée à des projets expérimentaux.
Réseautage et mise en commun des données
Une des solutions suggérées est la mise en réseau entre les entreprises de taille plus modeste, propice à l’échange de données nécessaires pour optimiser l’IA. Juliane Segedi, porte-parole de l’institut de recherche Fraunhofer, a dit : « Plus les données sont nombreuses, meilleures seront les performances des IA ». La collaboration entre entreprises pourrait ainsi permettre d’exploiter les données de manière plus efficace, favorisant des solutions communes.
Les craintes face à l’IA
La peur que l’IA ne remplace des emplois constitue un autre obstacle au changement. Il sera crucial de changer cette perception, comme l’a indiqué Segedi, afin de rassurer non seulement les travailleurs mais aussi les syndicats, qui doivent comprendre l’IA comme un outil d’optimisation plutôt qu’une menace. L’intégration de l’IA pourrait potentiellement transformer le paysage industriel, mais seulement si toutes les parties prenantes parviennent à engager un dialogue constructif.
EN BREF
|