Un dispositif innovant a été récemment développé pour atténuer les vibrations causées par des pièces en rotation, telles que celles présentes dans les turbines, les hélices de bateaux et les pompes hydrauliques. Ce progrès technologique, qui utilise l’impression 3D, offre une solution prometteuse aux défis rencontrés par les ingénieurs dans le domaine de la dynamique des fluides. Grâce à la conception d’une structure gyroidale, ce dispositif permet d’éliminer efficacement les tourbillons responsables des vibrations indésirables, tout en maintenant les performances des pièces critiques.
Un étudiant en doctorat à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) a développé un dispositif innovant capable de réduire de manière significative les vibrations induites par l’écoulement causées par des composants tournants, tels que les hélices de bateaux et les turbines. Ce dispositif, récemment breveté et réalisable via impression 3D, suscite l’intérêt des investisseurs en raison de son potentiel technologique prometteur.
Des débuts prometteurs
Thomas Berger, le chercheur à l’origine de cette avancée, a fait cette découverte fascinante alors qu’il entamait sa thèse en ingénierie mécanique à l’EPFL, une excellence académique reconnue mondialement. Son projet s’appuie sur un travail déjà initié durant son master, où l’utilisation de l’impression 3D a joué un rôle crucial dans le développement de sa technologie. La recherche s’est effectuée au sein du laboratoire dirigé par Mohamed Farhat, dont les travaux portent sur la dynamique des fluides complexes dans des applications variées telles que les voiliers et les turbines hydrauliques.
Les défis des turbines et leur traitement
Les turbines rencontrent des défis tant scientifiques qu’ingénieriques, principalement dus aux vibrations engendrées par l’écoulement. Selon Farhat, ces vibrations sont un problème majeur pour les concepteurs et les opérateurs de turbines. L’objectif de la recherche de Berger est d’atténuer ces effets en étudiant le comportement des écoulements sur des équipements à grande échelle. Le coeur de son dispositif consiste à éliminer les vortex responsables de la majeure partie des vibrations.
Les vortices de Kármán
Les vortices se forment lorsque des fluides, tels que l’air ou l’eau, s’écoulent sur des obstacles. Leur création est observable dans de nombreuses situations, allant des ailes d’avion aux structures architecturales comme le Burj Khalifa à Dubaï. Ces vortices engendrent une pression oscillante sur la surface des objets, ce qui peut entraîner des dommages considérables, comme cela a été le cas avec le pont de Tacoma Narrows aux États-Unis en 1940. Connu sous le nom de vortex de Kármán, ce phénomène a été identifié pour la première fois par l’ingénieur Theodore von Kármán en 1911.
Une approche expérimentale
Pour concevoir son dispositif, Berger a dû adopter une approche expérimentale, afin de déterminer la configuration optimale pour réduire les vortex. En utilisant ses connaissances en impression 3D, il a produit et testé divers designs et matériaux. Ce processus lui a permis de découvrir une forme géométrique efficace, le gyroid, qui présente des propriétés mécaniques intéressantes et est à la fois légère et robuste.
Les tests de performance
Berger a testé cette structure gyroidale en la fixant à la partie arrière d’une pale en acier. Les essais effectués dans un tunnel d’écoulement à petite échelle ont révélé l’absence totale de formation de vortex et, par conséquent, d’vibrations induites par les vortex. Selon Farhat, cette forme innovante est particulièrement efficace pour réduire la formation de vortex sans compromettre la performance de la pale.
Perspectives futures
Bien que le fonctionnement du gyroid ait été prouvé, de nombreuses questions subsistent sur les raisons scientifiques derrière son efficacité. Berger avoue qu’il travaille maintenant à comprendre les mécanismes qui sous-tendent cette solution prometteuse. L’intérêt croissant des investisseurs pour sa technologie marque une étape excitante dans le développement de dispositifs de contrôle des vibrations. Les recherches à venir viseront à tester les propriétés de la structure gyroidale dans des conditions plus complexes, notamment à l’intérieur des turbines.
EN BREF
|