Dans un monde où la communication assistée joue un rôle crucial pour des millions de personnes souffrant de troubles de la parole, une étudiante se démarque par son parcours exceptionnel. Tobias Weinberg, confronté dès l’âge de 15 ans à la perte de sa voix en raison d’une condition neurologique, utilise son expérience personnelle pour transformer ces technologies en quelque chose de plus expressif. Au sein de Cornell Tech, il explore les possibilités offertes par l’intelligence artificielle afin d’améliorer les interfaces de communication, rendant ainsi l’échange plus authentique et engageant pour tous les utilisateurs.
Tobias Weinberg, un étudiant en doctorat à Cornell Tech, travaille à transformer le domaine des technologies de communication assistée. Ayant perdu la capacité de parler à l’âge de 15 ans à cause d’un trouble neurologique, il a rencontré de nombreuses difficultés pour exprimer des éléments de sa personnalité, notamment son humour. Grâce à des recherches approfondies et son expérience personnelle, il développe des interfaces assistées par l’intelligence artificielle (IA) qui visent à enrichir les interactions des utilisateurs avec des handicaps de la parole.
Un parcours exceptionnel et inspirant
Diagnostiqué avec une condition neurologique à l’adolescence, Tobias Weinberg a dû apprendre à communiquer différemment. La transition vers des appareils de communication assistée a été marquée par des frustrations, notamment avec les premières voix de synthèse qui étaient monotones et dépourvues de nuances personnelles. Ces défis l’ont poussé à rechercher des solutions novatrices pour lui-même, mais aussi pour les milliers d’autres utilisateurs confrontés à des obstacles similaires. En tant que membre du Matter of Tech Lab, il explore comment l’IA peut améliorer les appareils de communication.
Une collaboration significative avec YAI
Dans le cadre de sa recherche, Weinberg a établi un partenariat avec YAI, une organisation à but non lucratif qui soutient plus de 20 000 personnes avec des handicaps intellectuels et développementaux. Il a passé un an à étudier les besoins et les comportements d’un groupe d’utilisateurs de communication augmentative et alternative (CAA) vivant dans des foyers de groupe. Cette immersion lui a permis de mieux comprendre leurs défis quotidiens et d’affiner ses prototypes en conséquence.
Des résultats qui impressionnent la communauté scientifique
Les travaux de Weinberg n’ont pas laissé la communauté académique indifférente. Son premier article, intitulé « Pourquoi si sérieux ? », a été récompensé lors de la prestigieuse Conférence sur les facteurs humains dans les systèmes informatiques (CHI) avec une mention honorable. Son conseiller, le professeur Thijs Roumen, décrit Weinberg comme un véritable pionnier qui développe des technologies en les intégrant à son propre vécu, enrichissant ainsi leur conception.
Redéfinir l’humour et la communication sociale
Weinberg a également identifié que l’humour joue un rôle essentiel dans la communication. Participant à des études portant sur l’humour et la dynamique sociale, il a conçu des interfaces qui permettent aux utilisateurs de créer des blagues en temps réel. Cela implique une réflexion sur la manière dont les utilisateurs peuvent conserver leur sens de l’agence, tout en bénéficiant de la rapidité offerte par des outils d’IA. Parfois, ils sont prêts à sacrifier un peu de contrôle pour pouvoir faire des interventions humoristiques rapidement.
Les échanges et la culture de micro-interactions
Lors d’une seconde étude, Weinberg et son équipe ont exploré les micro-cultures de « backchanneling », qui se réfèrent aux signes non verbaux de participation dans une conversation. Grâce à des interviews, ils ont découvert que les participants avaient développé des comportements uniques pour indiquer leur vigilance et leur accord, comme taper sur les accoudoirs. Cela a conduit l’équipe à recommander un design d’interface qui intègre ces comportements naturels, plutôt que d’imposer des normes conventionnelles.
Les implications éthiques de l’IA dans la communication
Tobias Weinberg aborde également des questions éthiques concernant l’utilisation de l’intelligence artificielle dans les technologies de communication. Dans ses recherches, il a développé une application qui a collecté ses écrits sur sept mois pour entraîner un modèle linguistique. Bien que cela ait permis de capturer une voix verbale, il a rencontré des défis pratiques, notamment le risque de divulguer des informations sensibles et la dilution de son propre contrôle sur son identité communicative.
Favoriser la communauté et l’inspiration
Au-delà des avancées technologiques, Weinberg a noué des liens précieux au sein des communautés qu’il soutient. Les études ont provoqué des rapprochements entre les utilisateurs de CAA, renforçant les relations tout en permettant aux participants de s’exprimer d’une manière nouvelle. Les échanges sont devenus des moments de partage, allant au-delà d’un simple atelier, transformant la recherche en un lieu d’amitié et de soutien.
Un avenir prometteur pour la communication assistée
Avec des aspirations claires, Tobias Weinberg envisage de redéfinir la communication assistée non pas comme une simple alternative à la parole, mais comme un véritable moyen d’expression. Son travail représente une avancée vers la réalisation de l’objectif plus large de permettre aux utilisateurs de CAA de participer pleinement aux échanges verbaux et de s’épanouir dans la société. Ce faisant, il aspire à influencer une nouvelle génération de chercheurs et développeurs dans le domaine des technologies d’assistance.
EN BREF
|